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L'HERITAGE DU SIEGE ET LA LIGNE MASSANT
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La collection de sièges anciens à partir desquels la Maison Massant a lancé ses rééditions illustre les heures de gloire du siège français et le savoir faire du métier de menuisier-ébéniste, indissociable de celui de tapissier et de l’art de la passementerie. Tous les modèles anciens retenus pour la reproduction artisanale par les experts des ateliers Massant, ont été sélectionnés pour leur pureté de ligne et de décor, leur caractère et leur originalité.
Les plus beaux sièges anciens sont de rares pièces uniques ou des séries de chaises fréquemment dépareillées, estampillées et conservées dans les appartements de châteaux et des collections publiques ou privées. Ces sièges ne sont pas forcément royaux au décor luxueux mais plus simplement offrent des lignes harmonieuses et sobres témoignant du meilleur goût de la noblesse, du clergé et de la haute bourgeoisie. |
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On compte parmi la ligne de sièges Massant, des chaises et fauteuils Régence cannés, patinés dans une gamme de tons XVIIIe ou déco, une chaise Louis XV au dossier mouluré, sculpté et ajouré, une séduisante Bergère Louis XV destinée à l’enfant, un fauteuil cabriolet en bois peint Louis XV, des chaises à médaillon, à dossier à lyre ou à dossier canné Louis XVI, des fauteuils, canapés ou sofas Louis XVI et Directoire ou encore des modèles de chaises en bois naturel ou peintes en camaïeu Directoire et Charles X.
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LE CREUSET DE LA MAISON MASSANT: DE LA REGENCE A CHARLES X
Le Siège et la Régence (1715-1723) |
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Alors qu’à la fin de son règne, Louis XIV encourage les nouveaux courants d’idées, la noblesse et la bourgeoise font bâtir à Paris des hôtel particuliers. Le protocole s’assouplit et les lignes deviennent plus harmonieuses. Les pièces, mieux réparties, deviennent plus intimes et sont décorées avec luxe. Le style Régence illustre une période de transition qui commence à se manifester vers 1695 et se termine vers 1725. Les coloris de la décoration sont clairs et gais, les motifs évoquent la nature. Les changements de société sont l’occasion de créer une nouvelle variété de modèles de sièges.
Outre le tabouret, le ployant, la chaise et le fauteuil, apparaissent la chaise longue ou duchesse, la banquette. Les sièges sont garnis, les chaises paillées. A la fin du siècle, la canne réapparaît en France et connaît son heure de gloire sous Louis XV. La chaise redevient légère et le dossier est souvent à bois apparent. Le fauteuil a les bras qui reculent et les consoles sont en retrait pour permettre aux femmes de s’asseoir plus aisément avec les robes à crinoline et à panier. Le canapé, siège à plusieurs places, est décliné sous des appellations différentes selon sa forme.
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Les premières bergères, qui laissent très peu de bois apparent, sont sièges de repos spacieux, dotés de joues de chaque côté de leur dossier et dont le fond est muni d’un coussin.
Les principaux décors Régence sont la coquille, la fleurette, la feuille d’acanthe, la rosace sur fond quadrillé. Les pieds des sièges présentent une entretoise qui s’allège pour disparaître définitivement. Le léger galbe des pieds s’accentue à l’approche du règne de Louis XV. Les pieds se terminent par un pied de biche ou par une légère volute. Les dossiers de chaises ou de fauteuils souvent plats (dits «à la Reine») sont à bois apparent avec une mouluration et un décor identique à celui du fond. A la fin de ce style, le dossier s’incurve. La forme générale du dossier est moins régulière, elle est sinueuse et symétrique pour devenir violonée. Le renouveau réside dans les bras qui se raccourcissent et sont en retrait. Sur le bras un emplacement est réservé pour la manchette.
Les bois employés pour les sièges sont le hêtre, le chêne, le merisier et le noyer selon les régions. Selon les essences, le bois est peint ou laissé naturel. Les garnitures sont plus confortables, les rembourrages sont mieux réalisés et plus bombés. Les manchettes sont plus courtes et arrondies. Les étoffes courantes sont les soieries, le damas puis le lampas qui présente un fond uni à motifs multicolores. La brocatelle, les soies brochées ou brodées comme les brocards sont toujours en usage ainsi que le velours de Gênes et la tapisserie. Galons et clous décoratifs assurent la finition du siège. |
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Le siège Louis XV (1723-1774)
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Après la période de transition de la Régence, le style français s’épanouit et influence l’Europe entière. Le Louis XV s’impose pendant plus d’un siècle et répond aux désirs de confort de la noblesse et de la bourgeoise. Dès le début du XVIIIe siècle, l’étiquette a moins d’importance, la société devient plus frivole. Elle aime le jeu, la quiétude. Les pièces sont plus intimes et leur distribution plus rationnelle et spécifique (boudoir, petit et grand salon, salon de musique,…). Cette diversité entraîne la création de nouveaux meubles, dont des sièges plus confortables. La qualité des sièges est exceptionnelle. Parmi les grands noms de menuisiers en siège, l’histoire a retenu Boulard, Cresson, Delanois, Gourdin ou Nadal. Les tapissiers, hormis par l’intermédiaire des inventaires, restent dans l’anonymat.
A la gamme de sièges déjà connus du tabouret au canapé s’ajoutent des modèles dont l’usage est de plus en plus précis, comme la chauffeuse, un siège bas qui permet aux femmes de travailler avec aisance ou la chaise (ou fauteuil) en cabriolet dont le fond demi-circulaire sur l’arrière rejoint un dossier incurvé qui facilite l’appui du dos. La bergère, qui prend divers aspects (dont la spacieuse marquise ou la bergère ponteuse munie d’un accoudoir permettant à une tierce personne de s’accouder), devient le siège de salon idéal. La voyeuse ou “voyelle de femme” est une chaise avec un accoudoir dans la partie supérieure du dossier où l’on peut s’asseoir à califourchon, idéale pour le jeu.
De nombreuses variétés de sièges à plusieurs places, servant à la conversation sont produits par les ateliers, comme le canapé (comparable au fauteuil et sans joue), le sofa doté d’un coussin, aux joues garnies comme celle d’une bergère, l’ottomane ou canapé à coussin, en forme de gondole et d’origine turque, ou le célèbre canapé à confident, comportant à ses extrémités de deux fauteuils d’encoignures, séparés par des joues. Les sièges de repos sont nombreux : la duchesse qui est une chaise longue, la veilleuse aux joues de hauteurs différentes, la turquoise ou sultane qui est une sorte de banquette à deux chevets égaux se terminant par une crosse qui se place le long d’un mur.
Le bois prend une forme tourmentée et la sculpture est abondante à la fin du règne de Louis XV. Les lignes sont faites de courbes et de contre courbes en accolade. Le dossier, de forme violonée, se trouve décollé du fond, laissant un espace libre entre ces éléments. Les consoles d’accotoirs sont nettement en retrait et s’évasent. La mode étant aux robes à paniers, les femmes doivent s’asseoir avec aisance.
Les modèles riches sont dotés de sculptures figurant des fleurettes (surtout des roses), des grenades éclatées, des feuilles d’acanthes et des coquilles complétées par des feuillages, des agrafes simulant un ancrage ou des rocailles plus ou moins tourmentées.
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Les pieds de devant sont fait de galbe allongés se terminant par une volute, une feuille d’acanthe ou une moulure. Les pieds arrière se terminent par une cambrure. La devanture reçoit une mouluration. Le siège est léger et élégant. L’arrière du siège, vu en plan, devient demi-circulaire. Le dossier va se transformer en s’incurvant pour suivre la forme du fond. La chaise ou le fauteuil à dossier enveloppant seront dit “en cabriolet”. La manchette prend toujours moins d’importance. L’entretoise disparaît.
Une nouveauté importante est la création du siège à châssis mobiles, qui permettent de changer le décor en fonction des saisons ou des réceptions. Une plus grande variété de bois sont employés. La plupart de ces sièges sont peints d’où l’inutilité d’employer des essences particulières. Les vernis sont soignés. Les sièges sont rehaussés de sculpture parfois dorées à la feuilles, comme dans le cas de sièges royaux. La garniture est plus volumineuse. Pour les sièges cannés, le coussin est remplacé par un carreau piqué. Les coussins sont remplis de plumes ou de duvet. L’assemblage est dissimulé et les finitions se perfectionnent.
Le style baroque italien et l’art oriental marque la France de leur influence, ainsi que les chinoiseries et turqueries. Les étoffes sont teintées de l’esprit oriental (dont celui de la Compagnie des Indes) et sont ornées d’oiseaux (avec la réputation de porter malheur qui leur vaudra leur interdiction). La majorité des étoffes sont en soie puisque l’importation des toiles indiennes est interdite en France. En plus des étoffes déjà utilisées, l’on voit apparaître le velours d’Utrecht et les tapisseries de Beauvais ou des Gobelins, qui représentent des scènes champêtres, de bouquets ou des amours. Les finitions sont galonnées et cloutées. Vers 1750, un dit royal rend obligatoire l’estampille et le poinçon de maîtrise de la Jurande des Menuisiers Ebénistes.

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Le Louis XVI (1774-1793)
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Vers 1760, le mobilier change progressivement. La culture méditerranéenne resurgit avec la découverte de la civilisation gréco-romaine dont Herculanum et Pompéï. Menuisiers et ébénistes s’inspirent des colonnades, de la mouluration et des ornements antiques. La nature est également une source d’inspiration que les artistes déclinent sous la forme de guirlandes de pomme de pins, de glands et de fleurs. Le style rocaille, aux formes tourmentées lasse la noblesse et la bourgeoisie, qui aspire à plus de sobriété. Le siège est marqué par des inventions comme la montgolfière (le dossier en prend la forme). D’autres sont ajourés et subissent l’influence anglaise.
De grands noms de menuisiers en siège entrent en scène : Lelarge, Séné, Nadal, Jacob ou Tilliard. Les types de sièges qui avaient été si diversifiés sous Louis XV évoluent peu. On change principalement leur appellation et leurs formes. Le fauteuil médaillon apparaît vers 1760, son dossier est ovale et “à la Reine”. Dossiers plats (en carré, en médaillon, en anse de panier en montgolfière ou en écusson) et en cabriolet (en trapèze, en hotte, à chapeau) coexistent. La lyre, la mongolfière et la gerbe sont ajourées.
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La finition des bois de ces sièges est souvent vernie ou cirée et laisse apparaître le grain du bois comme le merisier ou le noyer. Le fond des sièges vu en plan est trapézoïdal. La devanture est en arc de cercle peu prononcé. Le piétement des sièges est en fuseau à cannelures simples ou plus raffinées. Motifs de perles, rubans, cannelures, attributs champêtres et cariatides décorent les sièges. La mode vestimentaire a changé, les robes sont désormais souples. La console du bras revient à nouveau dans le prolongement du pied et s’incurve en donnant plus d’aisance. La tendance est au dossier “à la Reine” en médaillon et l’influence gréco-romaine est si présente qu’on insère certaines formes de dossiers entre deux colonnes dégagées telles que le médaillon ou la hotte. La partie supérieure du montant du dossier se termine selon les modèles par une pomme de pin ou un clocheton.
Les bois sont laqués de tons clairs. Ils sont rehaussés par un rechampi du coloris dominant de l’étoffe sur la mouluration. Vers la fin de ce style, quelques sièges seront réalisés avec des bois de fruitiers comme le prunier, l’abricotier ou le merisier. La garniture évolue lentement et prend des formes plus précises grâce à un piquage plus fin et à une utilisation optimale du crin. Quant à la couverture, la rayure est en vogue et exige des finitions très précises, de galons mais aussi clous perles ou olives. Les étoffes sont toujours aussi somptueuses et variées, ornées de bouquets de fleurs, de guirlandes, de paniers de rubans ou de rayures (le gourgouran, soierie dont une rayure est toujours crème). Les coloris sont doux |
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Le siège à travers la Révolution (1793-1795), le Directoire (1795-1799) et le Consulat (1799-1804)
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La Révolution aura pour influence la suppression des corporations et entraînera de fortes perturbations dans la production de meubles de luxe, dont la clientèle disparaît provisoirement. Le Directoire, marqué par la campagne d’Egypte et l’avènement de l’Empereur, est considéré comme un style de transition. Les lignes du siège assurent la continuité du style Louis XVI. Les modèles antiques, dont le siège étrusque, sont réédités. Les sièges sont moins somptueux et leurs lignes plus sobres. Les dossiers sont fortement renversés et en forme de corne, se terminant par un enroulement.
Georges Jacob est le plus célèbre menuisier en siège de cette époque, maître dans l’art du dossier ajouré. La transformation des lignes est plus marquée sous le Consulat annonçant déjà l’Empire. Le fond des sièges est de forme trapézoïdale avec une devanture parfois légèrement cintrée. Les pieds sur le devant sont droits en gaine à section carrée et tourné. Les pieds arrière sont en forme de fourreau de sabre. La manchette peu à peu inexistante. Les décors courants sont le losange, les stries, la rosace sur les dés de raccordement.
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On emploie couramment le merisier et les bois fruitiers associés au hêtre et à l’acajou. Le bois peint est une finition courante et les parties saillantes sont mises en évidence par un camaïeu. La garniture met en évidence la sobriété du siège; elle devient plus ferme. Les soieries présentant de petits motifs ou d’étroites rayures sont privilégiées (victoire, angelots, flambeaux lyre et harpe). Des toiles de lin ou de coton imprimées, dont la toile de Jouy couvrent le siège. Le galon est la finition la plus fréquente.
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Siège et Empire (1804-1815)
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Le règne de Napoléon I est de courte durée, mais relance l’économie. Bonaparte s’entoure de grands architectes et artisans. Le décor est dominé par l’antiquité gréco-romaine et égyptienne et la symétrie. Des motifs de bronze agrémentent le bois (palmette, rosace, étoile, feuille de palmier, couronne de laurier). Le style est autoritaire et froid mais renoue avec le faste.
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Les formes fonctionnelles, rondes, carrées et rectangulaires s’adaptent à la mode vestimentaire. Le siège est massif et le dossier à peine renversé. Tabouret et ployant en X réapparaissent. Parmi les nouveautés, on compte la chaise gondole au dossier terminé par un enroulement et le coin du feu, dit aussi Paumier, qui est un fauteuil d’angle, la méridienne ou Récamier destinée au repos.
Georges Jacob et sa descendance restent dominants aux côtés de Bellangé ou Marcion. Sphinx, griffons, cariatides, têtes de lion ou de dauphins évoquent l’antiquité. L’acajou est employé avec une finition vernie rehaussée de dorures à la feuille, avant le blocus contre l’Angleterre (1806) et l’interdiction de l’importation de bois d’Amérique Centrale. Les premiers élastiques (ressorts) apparaissent dans la garniture, qui devient très sophistiquée. Le tissage de la soie atteint la perfection. Les étoffes sont ornées de motifs évoquant l’empire (N, aigle, glaive,…).
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De la Restauration à Charles X (1824-1830)
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Le retour à la royauté s’effectue avec Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe. Les commandes sont plus rares et les formes de l’Empire sont perpétuées. Le décor est inspiré du Moyen-Age. On crée des meubles austères dits “à la cathédrale”. Cette tendance s’achève avec l’avènement de Charles X et le début du Romantisme (style néogothique dit “Troubadour”). L’école “de la duchesse de Berry” ramènera une courte série de charmants meubles de bois clairs à incrustations.
Les bronzes se raréfient et disparaissent sous Charles X au bénéfice de motifs incrustés. Le siège est à dauphin, en gondole, à crosse. Les chaises varient leur dossier : à croisillon, à grille ou à traverse centrale. Le fauteuil Voltaire a le fond bas et un haut dossier cambré (l’écrivain ne l’a pas connu). La chaise, légère, est qualifiée de chaise volante et équipée de roulettes. Le fauteuil crapaud, entièrement à bois recouvert et parfois déjà capitonné, est créé vers 1838. Le tête à tête ou causeuse est un canapé à deux dossiers dont un à chaque extrémité et reliés par un dos plus bas.
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L’élastique (ou ressort) révolutionne l’art de la garniture. La garniture capitonnée, peu confortable, rencontre un succès important Les étoffes se diversifiés, les velours sont recherchés et préférés dans des tons sombres. L’industrialisation favorise la démocratisation du meuble.

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LE SIEGE DE CLEOPATRA A LOUIS XIV
L'antiquité
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Des civilisations antiques, c’est l’Egypte qui a laissé l’héritage le plus riche en matière de sièges. Les pièces découvertes dans la vallée du Nil sont dans un état de conservation excellent. L’apogée du siège égyptien, déjà très confortable, se situe vers 1500 avant Jésus-Christ. Le siège, monté par assemblage, présente des lignes très sobres. Le fond est muni d’une ceinture sur laquelle sont fixées des lanières de cuir pour réaliser un plancher, sur lequel, on présume, venait se placer un coussin tissé de lin cultivé en Egypte. Les modèles sont variés : sièges pliants, escabeaux, chaises, trônes, fauteuils et lits munis d’un chevet. Ces différents sièges sont exécutés avec des essences variées dont le cèdre et l’ébène et sont ornés d’incrustations d’ivoire ou de dorures.
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Les créations de sièges des autres civilisations, moins bien conservées, sont illustrées par les bas-reliefs, les peintures sur divers supports dont les fresques, les poteries ou encore quelques céramiques qui permettent de faire des reconstitutions.
Cependant, l’antiquité est restée une source d’inspiration inépuisée pour les deux millénaires qui l’ont suivie. |
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L'époque médiévale
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Les invasions étant incompatibles avec le confort, il faut attendre la fin du Haut Moyen Age (Ve au VIIIe siècle) pour que les intérieurs évoluent. Du IXe siècle au début du XIIe siècle, l’art roman diffuse ses coffres (ou huche ou bahut) à utilisation multiple, la chaire de salle pour le maître de céans, le banc pour les invités, à haut dossier protecteur contre le froid et de nombreux petits sièges volants comme la selle, l’escabelle, la bancelle, le placet ou le tabouret (trépied). La décoration de ces modèles est sommaire (motif de rouleau de parchemin). Fer forgé, tentures et tapisseries compensent l’indigence du mobilier et le manque de moyens de chauffage.
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Quant au style gothique, il déploie du XIIIe au XVe siècle, ses motifs architecturaux d’ogives, de fleurons et de rosaces sur des coffres, des bancs, des chaires (siège en bois recouvert d’un coussin, avec dossier qui s’élève pour être surmonté d’un dais). Le “faudesteuil” fait son apparition. Le mobilier est en chêne. Le renouveau de l’Italie dès la fin du XVe siècle introduit des étoffes richement décorées, dont le damas et les soieries importées de Syrie ou fabriquées en Italie et le velours en provenance de Gênes. En France, le lin est plus communément employé. Le dessin de ces étoffes est simple et présente les armes du royaume ou la fleurs de lys. Parallèlement, les tapisseries très colorées, connaissent un essor particulier. |
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La Renaissance
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Dès le XIVe siècle, l’Italie trouve un souffle nouveau grâce à l’école de Florence et l’édification de riches palais, inspirés de. l’art grec. Les créations de mobilier s’épanouissent au cours du XVe siècle. En France, dès la fin du XVe siècle, suite aux guerres d’Italie, François I favorise la pénétration de la Renaissance italienne en conviant à sa cour des artistes italiens. Arabesques, rinceaux, spirales et pilastres se déclinent sur les sièges, les crédences, les armoires et les tables. Les sièges de type scabello et sédia sont diffusés en France. Les châteaux du Val de Loire deviennent les creusets de l’école d’Ile de France (dite de Fontainebleau). Des écoles régionales, dont les foyers bourguignon, lyonnais et provençaux, produisent du mobilier plus traditionnel.
Cette époque est caractérisée par le développement d’une classe bourgeoise qui contribue, avec la noblesse et le clergé, au développement des arts décoratifs. Au début du XVIe siècle la chaise à bras avec son dossier droit fait son apparition.
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Ses quatre pieds sont reliés par des traverses à quelques centimètres du sol. Les bras sont supportés par le prolongement des pieds du devant. Dans le seconde moitié du siècle, le dossier s’incline et rend le siège plus confortable. Il est plein et décoré ou ajouré. Le fond est garni d’un petit coussin (un carreau).
Ces sièges sont en chêne ou en noyer. Le piétement est souvent tourné. Les premiers sièges garnis apparaissent en France à l’aube du XVIIe siècle. Le rembourrage du fond (de laine, de bourre de soie, d’étoupe, d’herbe séchée ou de feuilles) est réalisé sur un support de bois avant que celui-ci ne soit remplacé par un sanglage fait de toile au tissage très serré. La couverture de ces sièges était variée (damas et velours de soie en Italie, gros de Tours, toiles bordées, tapisserie à petits ou à gros points en France). Les peaux décorées, orientales ou espagnoles sont également utilisées. |
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Le siège sous Louis XIII
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Le style Louis XIII répond à un renouveau architectural qui préconise une meilleure répartition des pièces. Malgré les guerres de Religion, les art se développent et la France impose progressivement ses goûts à l’Europe, au détriment du goût italien et des décors flamands. Le siège Louis XIII, au dossier légèrement incliné, est plus mobile. La garniture se développe. Certains sièges sont cannés. La chaise prend son envol. Son fond est large et peu profond; son dossier est bas. Le fauteuil ressemble à la chaise, il est doté de bras. Chêne et noyer, bois indigènes restent de mise. L’ensemble des sièges est composé de lignes droites. Sur l’arrière, les pieds se prolongent pour devenir les montants du dossier.
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Ce style se caractérise par le bas du piétement qui se trouve maintenu par une entretoise en H. Le bras du fauteuil reliant la console au dossier est droit. Pour les sièges ouvragés, le haut de la console se termine par un buste ou une tête d’animal.
Les combinaisons de motifs géométriques (dont celui en pointe de diamant) sont parfois incrustées. Où le bois est apparent, il est tourné en chapelet ou en torsade. Sur les pieds et l’entretoise se trouvent des blocs plus massifs comparables à des dés où viennent se fixer les assemblages. L’étoffe recouvre un maximum de surface bien que la garniture reste simple, privilégiant les soieries (de tons vifs ornées des verdures ou de rayures) mais aussi les cuirs de Cordoue. Le siège reste relativement lourd et austère. |
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Le siège Louis XIV
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Le Roi Louis XIV rassemble pour l’édification de son palais de Versailles les plus grands artistes et artisans. Unité, majesté et distinction émanent d’un style grandiose. Sculpture, marqueterie (à qui André-Charles Boulle donne toute sa splendeur en alliant cuivre et écaille) et placage déclinent les motifs de la coquille symétrique, du masque, de trophées, des deux L, du lambrequin. Canapé et lit de repos sont à la mode. La France étant en guerre avec les Flandres et le roi interdit les importations de canne et de sièges cannés. Les sièges restent massifs. L’on constate sous Louis XIV deux fabrications : le mobilier d’apparat richement décoré de sculptures et de dorures et un mobilier plus sobre en bois nature ou peint.
Les modèles sont variés; les plus courants sont le placet ou le tabouret, le ployant articulé sur un axe métallique, la chaise à dos au dossier étroit et haut,le fauteuil aux bras souple ou le fauteuil du malade ou celui dit «en confessionnal», plus spacieux et haut sur pied, qui annonce la bergère avec son dossier doté d’une joue. |
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L’entretoise en H se transforme en X. La partie supérieure du haut dossier prend la forme d’un cintre. Les bras sculptés s’évasent devenir presque droits et recevoir une petite garniture, la manchette. Le piétement de ces sièges est en balustre, en console, en gaine, tourné ou en os de mouton.
Les bois de hêtre et de noyer, au grain serré, sont généralement utilisés. Les sièges d’apparat ont une finition dorée à la feuille. Pour les autres, le bois est peint ou laissé naturel et ciré. Le bord de la garniture des sièges est plus rond. Galons et clous décoratifs finissent l’ouvrage. Les étoffes précieuses (damas, brocard, velours en soie de Gênes) rehaussées de fil d’or ou d’argent sont préconisées, ainsi que les teintes vives et dominantes. Les manufactures des Gobelins et de Beauvais sont des fournisseurs de renom international. |
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